Friedrich Ebert Stiftung au Mali

 
Démocratisation - Appui à la société - Renforcement des médias
Objectif 1 : Renforcement des partis politiques

Sur les 81 partis politiques que compte le Mali, on peut dire que peut-être seulement 10 ont joué un rôle historique important ou participeront à l'avenir à la gestion de la politique intérieure. On pouvait relativement bien se faire une idée de leur influence sur l'étendue du territoire national à travers la répartition des voix entre les différents candidats à l'élection présidentielle de 2002. A l'exception de quelques partis, tous les autres ont d'énormes difficultés à évoluer en dehors de Bamako, à former leurs militants et à élaborer des programmes concrets. Cela constitue une grande faiblesse de la politique intérieure du Mali, ce qui fait que les partis politiques ne sont pas capables de prendre position dans l'opinion publique face à certains problèmes d'actualité. Le PARENA, sous la direction de son président Tiéblé Dramé, est un parti qui s'efforce depuis longtemps et avec succès d'émerger avec une vision relativement claire de son programme. A travers ses différentes journées de réflexion dont les actes sont publiés dans les médias, le PARENA discute des thèmes d'actualité avec ses militants et en même temps prend position vis-à vis de ces questions d'actualité. Avec l'appui financier de la FES, le PARENA est parvenu à organiser deux débats du genre en 2002, l'un sur " la situation économique et financière du Mali " et l'autre sur " la problématique de l'emploi au Mali ". Aussi bien dans la presse écrite que dans la presse audiovisuelle, la position du PARENA par rapport à ces questions a été largement diffusée.

Objectif 2 : L'introduction de la gestion de la politique

Au Mali beaucoup de partis politiques sont caractérisés par la faiblesse de leur structure interne, la faible participation des militants ainsi que l'existence d'une élite qui dirige avec des techniques trop traditionnelles. On assiste ici à une méconnaissance des techniques modernes de gestion de la politique. A dessein ou non, les Partis ne sont même pas capables de profiter des moyens de promotion offerts par l'Etat. Il s'agit ici du financement public des partis politiques qui, jusqu'à présent, reste inexploité. En collaboration avec la Délégation Générale aux Elections (DGE), une instance rattachée à la Présidence de la République, la FFE a organisé en février 2002 à l'intention de tous les partis politiques un forum d'information sur les possibilités et conditions d'accès au financement public des partis politiques. A la suite de ce forum, le nombre de partis ayant déposé une requête de financement auprès de la DGE est passé de 3 à 51, dont probablement 47 pourraient être éligibles en 2002 pour bénéficier dudit financement.

Parallèlement aux structures centralistes de l'Etat, qui viennent d'être dissoutes par un vaste programme de décentralisation, le travail des partis politiques est principalement concentré sur la capitale Bamako. L'ADEMA, en tant que partenaire de longue date de la FES, est le seul parti qui couvre le territoire national presque à 100% et dispose d'une certaine structure. Le manque de ressources humaines compétentes constitue un grand obstacle à la mise en place de structures décentralisées du parti. Le niveau général de formation (qui est le résultat de la crise de formation au niveau national) est insuffisant à tout point de vue. En vue d'avoir l'expertise nécessaire pour la construction d'un parti politique fort, mais aussi en rapport avec l'existence d'une certaine formation à la citoyenneté, il y a un grand déficit que l'ADEMA veut combler par la réalisation d' un programme national de formation de multiplicateurs s'étalant sur plusieurs années. Ce programme s'adresse particulièrement aux mouvements de jeunes ADEMA et de femmes ADEMA. En collaboration avec la FES, le premier module de ce programme de formation a été réalisé en 2001 et doit se poursuivre cette année.

Objectif 3 : Appui aux élus locaux

En étroite collaboration avec la Direction Nationale des Collectivités Territoriales, nous avons développé un projet pilote qui devait, dans un proche avenir, servir de base pour un vaste programme de formation à l'intention des élus communaux dans l'ensemble de la Région de Koulikoro. Le but de ce programme est de rompre avec les anciennes structures centralistes et de renforcer le travail politique au niveau local. Ce projet commun devrait être réalisé d'abords dans la commune de Nara, une commune bien connue de la FES, ainsi que dans les communes environnantes. Au cours de la première moitié de 2002, le projet a continué avec succès par la réalisation de deux autres activités portant sur " la bonne gouvernance " et " les impôts ".

En 2000, sur initiative du Maire du District de Bamako et avec l'appui de la FES, un bureau du citoyen dénommé " Centre d'Orientation, d'Information et de Documentation " (CODI) a été mis en place. La Fondation a invité en 2002 tous ceux qui sont impliqués dans la gestion du CODI à un atelier de deux jours, pour discuter des aspects pouvant contribuer à la consolidation du CODI. En outre les participants à cet atelier ont reçu de nouvelles informations sur les rôles et prestations possibles d'un bureau du citoyen. Cet atelier a également montré que le CODI demeurera toujours faible et n'aura pas l'assentiment de la population si ses antennes ne sont pas installées dans toutes les communes du district de Bamako. Les maires des communes de Bamako ou leurs représentants ayant participé à cet atelier se sont déclarés prêts à s'investir personnellement pour la réussite du CODI. Un plan d'action allant jusqu'au dernier trimestre de 2002 a été élaboré.