|
Accueil
Le Mali
Objectifs
Programmes
Partenaires
Publications
Liens
FES - Siège

|
|
Friedrich Ebert
(Heidelberg, 4 février 1871 - Berlin, 28 février
1925)
Quatrième d'une famille pauvre de six enfants, fils
d'un maître tailleur, Ebert apprend le métier de
sellier. Il découvre la social-démocratie en 1889,
se familiarise avec les écrits de Marx et de Engels, mais
s'intéresse moins à la théorie qu'aux aspects
pratiques qui peuvent servir à l'amélioration immédiate
des conditions de vie des travailleurs.
Après de nombreux déplacements, il s'établit
finalement à Brême, où il devient président
d'un groupe de syndicats. En 1900, il devient membre de la municipalité. |
|
|
Friedrich Ebert |
|
En 1905, il est élu secrétaire du comité
directeur du parti social-démocrate et s'installe alors
à Berlin. A ce poste, médiateur entre le parti
et le syndicat, entre l'aide droite et l'aile gauche de la social-démocratie,
il se tient toujours éloigné de l'extrême
gauche. Il acquiert de l'importance lorsqu'il est élu
en 1912 au Reichstag, et en 1913 à la tête du comité
directeur du parti, comme successeur de Bebel. En janvier 1916,
il devient aux côtés de Scheidemann le président
de la fraction parlementaire du parti social-démocrate.
Il fait voter les crédits de guerre en août 1914.
Cependant, en raison du refus des indépendants en mars
1916 d'allouer des crédits, il dissout la fraction qui
liait les socialistes majoritaires et la minorité, et
fait aussitôt alliance avec le centre et le parti progressiste.
Il combat la politique d'annexion de l'Empire allemand mais affirme
le devoir absolu de ses concitoyens de défendre leur pays.
En janvier 1918, il s'efforce, à Berlin, d'arriver à
un arrangement dans la grève des ouvriers d'une usine
de munitions, grève où il est entraîné
malgré lui. La proclamation de la République par
Scheidemann le 9 novembre 1918 ne répond pas à
ses vux, car il préfère le maintien de la
monarchie. Pourtant il accepte le même jour le poste de
chancelier du Reich offert par le prince Max de Bade, en accord
avec tous les secrétaires d'Etat, afin que l'ordre soit
maintenu en Allemagne. Il détient la direction du Conseil
des commissaires du peuple, formé le 11 novembre 1918
par des représentants du parti social-démocrate
(SPD) et du parti social-démocrate indépendant
(USPD). Il réprime alors les mouvements révolutionnaires
de gauche, notamment le spartakisme, et justifie ainsi sa rupture
avec les indépendants.
Le 11 février 1919, il est élu président
provisoire du Reich par l'Assemblée nationale de Weimar
et demeure à ce poste après l'entrée en
vigueur de la Constitution. Pour éviter une campagne électorale
à un moment critique de l'histoire de la République
de Weimar, le Reichstag décide de prolonger en octobre
1922 le mandat d'Ebert jusqu'au 30 juin 1925, grâce à
une majorité décidée à modifier la
Constitution. Tout au long de sa présidence, Ebert s'efforce
de réduire les oppositions ; il fait ainsi appel comme
chancelier à des hommes proches de la droite, tels Cuno
ou Luther, et, pour protéger la démocratie, il
utilise ses pouvoirs constitutionnels pourtant limités,
afin d'agir contre les putschs de Kapp, de Hitler et les soulèvements
spartakistes et communistes.
Mais Ebert n'est pas épargné par les violentes
campagnes menées par les cercles nationalistes. En décembre
1924, un tribunal de Magdebourg condamne à une amende
le journaliste qui l'a accusé de haute trahison en raison
de sa participation à la grève de Berlin en janvier
1918 ; cependant le tribunal reconnaît qu'Ebert était
juridiquement coupable. Ce jugement n'est pas seulement un outrage
personnel mais une atteinte portée au chef de l'Etat et
Ebert en est profondément ébranlé. Bien
qu'il soit gravement malade, il se refuse à entrer en
clinique pour pouvoir se défendre. Il meurt d'une crise
de péritonite. Avec lui la jeune République perd
un des ses plus puissants soutiens.
|